Espaces Culture Multimédia en danger
Par Christian BENSI le dimanche 3 février 2008, 22:31 - Actualité - Lien permanent
D’après plusieurs sources concordantes, le ministère de la Culture aurait décidé de ne plus subventionner les Espaces Culture Multimédia (ECM). Le site du ministère de la Culture ne se fait pas encore l’écho de cette décision.
Ce sont les Directions régionales qui ont avertis les ECM de cette nouvelle situation. Selon les sources, entre 75 et 115 lieux en France sont concernés.
Afin de réagir, une Fédération nationale se met en place. L’assemblée générale de cette association aura lieu le 18 février 2008 à Paris. Un appel à mobilisation est en ligne (en dessous du communiqué de presse sur la page d’accueil du site Internet).
Ces structures recevaient des subventions comprises entre 5 000 et 30 000 euros. Dans l’article de 01.net, une phrase retient l’attention : « On a le sentiment, d'après l'argumentaire qui nous a été relayé, qu'au niveau du ministère la fracture numérique est un concept totalement dépassé, alors que nous sommes encore en plein dedans, note quelque peu désolée, Sophie Menanteau… »
On sait que les missions de ce type de structures ont évolué fortement et qu’il était nécessaire de redéfinir (ou de réaffirmer) leur mission. Le temps où on « alphabétisait » l’internaute est désormais révolu. Dans le futur, les structures qui ne démontrent pas leur utilité et qui n’anticipent pas les contours de leurs missions dans l’avenir seront condamnées. On peut déplorer ici que le ministère n’ait pas, semble-t-il, cherché à mesurer le service rendu avant de prendre une si grave décision.

Commentaires
"Le temps où on « alphabétisait » l’internaute est désormais révolu" Désolé Christian d'être en désaccord avec toi sur ce point, mais ce temps n'est pas de loin révolu... Il est justement très actuel et constitue même un enjeu majeur de société. Le taux de connectivité n'a rien à voir avec le temps de l'appropriation. Bien au contraire, apprendre la lecture numérique et ses contours est un enjeu de taille comme tu le sais.
Jean-Luc, j'ai parlé d'alphabétisation. En gros aujourd'hui, tout le monde peut facilement avoir accès à un ordinateur, beaucoup peuvent se faire aider dans l'utilisation d'un logiciel.
L'enjeu aujourd'hui : exercer son esprit critique face à l'information diffusée, apprendre à l'organiser, rester vigilent face à ses données personnelles, etc. Mais tout cela tu le sais bien mieux que moi.
Je pense par contre et c'est l'objet de ma conclusion que les structures doivent davantage expliquer en quoi leurs missions ont changé. Si elles ne le font pas, le "financeur" dira : elles ont été utiles mais elles ne servent plus à rien aujourd'hui.
Je dirai que si le travail d'alphabétisation n'est plus à faire en direction du public, il reste essentiel de le poursuivre en direction de nos décideurs qui n'ont pas forcément compris l'étendue du travail qui reste à accomplir.
Alors, c'est tout simplement que nous n'avons pas du tout la même définition de l'alphabétisation
A priori, je l'entends beaucoup plus large que toi et
pour moi, c'est là où les enjeux sont cruciaux et là où il y a des manques
conséquents. Et les publics sont au coeur de cette problématique.
J'entends personnellement cette expression dans la définition (non restrictive) telle que l'entend Alain Giffard par exemple.
Cf. cet article :
http://alaingiffard.blogs.com/cultu...
http://alaingiffard.blogs.com/cultu...
Pourquoi s'étonner que le site du Ministère ne mentionne pas l'information ? C'est malheureusement une pratique courante que de constater que le site des ministères est le dernier lieu où l'on trouve une information sur la politique du dit Ministère
Pour n'en prendre qu'un exemple, aucun site des Ministères de l'Economie ou de l'Emploi, ni du Ministere du Travail, ne mentionne la suspension de la labellesation des Maisons de l'Emploi, pourtant effective depuis plusieurs mois
Allez sur le site du Ministere du Travail, http://www.travail-solidarite.gouv.fr mettez "Maisons de l'Emploi" dans le moteur de
recherche et voyez de quand date l'information la plus récente
Que peut faire le citoyen quand un site public, financé grâce à ses impôts, devient le dernier lieu où trouver une information actualisée ?
L'exemple est en effet assez bluffant. Mais pourquoi font-ils des sites Internet si c'est pour traiter les internautes de cette façon ?
Pas la peine de leur demander s'ils croient à l'efficacité de leur communication ici ! N'importe quoi !