Les attentes des jeunes Bretons en matière de logement, d’emploi et de santé
Par Christian BENSI le mardi 20 mai 2008, 22:39 - Etudes - Lien permanent
Dans cette deuxième partie de l’enquête sur les stratégies d’information des jeunes Bretons (voir billet précédent), la façon dont les jeunes s’estiment pas assez ou mal informés est systématiquement traitée. Je n’interpréterai pas cet indicateur ici. J’ai plusieurs fois rappelé dans ce blog que le sentiment d’être insuffisamment ou mal informé correspondait davantage à une inquiétude qu’à une réalité. On peut se sentir bien informé et ne pas l’être. L’inverse est aussi vrai, bien sûr.
La recherche d’information en matière de logement
Ce questionnaire permet de confirmer que les jeunes restent très tardivement dans le cocon familial. Un jeune sur sept dans la tranche d’âge des 26 – 30 ans vit encore chez ses parents. Les jeunes connaissent assez peu d’organismes d’information sur le logement. 37 % d’entre eux citent les Crous et le réseau Information jeunesse, 29 % citent les agences immobilières.
Les jeunes identifient ainsi les principales raisons qui freinent l’accès à un logement :

La recherche d’information en matière d’emploi
Même lorsqu’ils ne sont pas directement concernés, les jeunes connaissent les organismes d’information en matière d’emploi. 75 % citent l’ANPE, suivie des agences d’intérim et des missions locales (25 %), du réseau Information jeunesse (15 %). L’étude précise cependant que 7 % des demandeurs d’emploi ne font référence à aucun organisme pour la recherche d’un travail.
Ils identifient ainsi les freins à l’accès à l’emploi :

L’enquête montre le décalage entre les jeunes et le monde de l’entreprise. On présente souvent le jeune et sa méconnaissance de l’entreprise. Mais les jeunes disent à 43 % qu’ils ne se sentent pas du tout aidés par les employeurs et le pourcentage augmente encore lorsque les jeunes sont des salariés. 2/3 des salariés en CDI ne se sentent pas du tout aidés par leurs employeurs. Une incompréhension dangereuse !
La connaissance des organismes de santé
57,5 % des jeunes connaissent un ou plusieurs organismes dans le domaine de la santé, ce qui semble assez peu. Cette méconnaissance des structures de santé augmente pour des populations en situation précaire, notamment les demandeurs d’emploi, les salariés intérimaires et les apprentis. 6,5 % des jeunes se sont adressées à des structures d’accueil pour des questions concernant leur santé. Sont cités le réseau Information jeunesse et les missions locales.
Quand ils cherchent de l’information sur la santé, les jeunes s’adressent à :

Là encore, le recours à Internet est loin d’être négligeable.
D’après les personnes interrogées, une campagne d’information sur les questions de santé doit être faite sous forme de témoignages (77 %). Ces témoignages doivent être chocs (65 %) et réalisés par des jeunes (59 %). Les plus âgés souhaitent être informés de façon individuelle (64 %) tandis que les plus jeunes ne le demandent qu’à 41 %.
Les jeunes pensent que les supports les plus adaptés pour une campagne d’information et de prévention sur la santé sont :

C’est pourtant bien par palette entière de dépliants que continue à être effectué un grand nombre de campagne d’information en matière de santé en direction des jeunes.
Les chiffres présentés ici interpellent nos métiers et devraient nous aider à mieux répondre à l’attente des jeunes. Le travail d’analyse qui a été fait lors de l’étude est très intéressant. J’ai regretté cependant que l’information sur les formations n’ait pas bénéficié d’un traitement spécifique comme cela a été le cas pour la santé, le logement et l’emploi.
Une autre fois, peut-être ?
