Actus spécial réseaux
Par Christian BENSI le jeudi 29 mai 2008, 01:01 - Actualité - Lien permanent
Au sommaire : Le grenelle de
l’insertion propose de fusionner les réseaux d’insertion et d’information des
jeunes ; L’UNML demande le respect du champ de compétence des missions
locales ; Le directeur du cabinet de Bernard Laporte parle de l’avenir de
l’INJEP et du CIDJ ; Les pronostics pour la date de l’annonce du futur
service public d’orientation.
Le grenelle de l’insertion propose de fusionner les réseaux d’insertion et d’information.
Le rapport final du Grenelle de l'insertion est disponible. Le rapport propose de « remettre à plat, mettre en synergie et, si possible, fusionner les différents réseaux d’information et d’orientation pour les jeunes ».
Suit une liste large de structures parmi lesquelles les missions locales et PAIO, les CRIJ, CIJ, BIJ, PIJ, les Points d'accueil écoute jeunes, les Espaces dynamiques d'insertion, l'ONISEP et les CIO et même le réseau de prévention spécialisée. Il y a en fait un grand absent dans cette liste : le CIDJ dont le sort est, semble-t-il définitivement attaché à celui de l'INJEP et donc à l'Etat (voir plus loin).
Michel Abhervé s'étonne de cette proposition, à juste titre. Présentée comme une proposition consensuelle, il rappelle qu'elle n'est pas « apparue dans les débats, les contributions, les échanges (du moins ceux qui ont été rendus publics) » du Grenelle de l'insertion.
Philippe Labbé, quant à lui, précise que « fusionner est de toute évidence hors de portée tant juridiquement (des branches professionnelles, des associations, des services publics, l’Éducation nationale…) que déontologiquement (l’anonymat de la prévention et Parcours 3…)»
Rien ne semble pourtant nouveau dans cette proposition qui revient de façon récurrente depuis plusieurs années et qui a pris ces dernières semaines une actualité particulière.
Mais cette proposition est-elle « hors de portée », comme le dit Philippe Labbé ? Sur le plan du statut de ces institutions sans doute, sur le plan financier, elle serait aussi fort complexe à mettre en place. Sur le plan déontologique, je ne vois pas vraiment où est le problème ! Mais comme Michel Abhervé, je pense « qu'annoncer une fusion sans avoir écouté les structures que l’on peut fusionner, c’est une garantie de susciter les réflexes de défense au lieu de préparer les évolutions des esprits nécessaires à une meilleure collaboration. »
L’UNML demande le respect du champ de compétence des missions locales.
L'Union nationale des missions locales hausse le ton lors d'une conférence de presse qui s'est tenue le 21 mai et revient sur le principe de la procédure d’appel d’offres pour la mise en oeuvre du contrat d’autonomie. J'en avais parlé ici.
Le directeur du cabinet de Bernard Laporte parle de l’avenir de l’INJEP et du CIDJ
Une rencontre entre l'intersyndicale dans les domaines de la jeunesse et des sports et le directeur du cabinet de Bernard Laporte a eu lieu le 13 mai dernier. Cette rencontre avait pour objet de clarifier les propositions du Secrétariat d'Etat en matière de Révision générale des politiques publiques (RGPP).
A la lecture de l'intervention de M. Moutouh (directeur de cabinet), on comprend qu'il s'agit pour le Secrétariat d'Etat de sauvegarder l'INJEP « alors que d’autres pistes prévoyaient sa suppression. » Il semble bien que tous ces « rapprochements » n'ont pour but que de sauver l'Institut. Outre le CIDJ, il parle d'un rapprochement géographique dans une « maison de la jeunesse et de la mobilité » avec les offices franco-allemand et franco québécois pour la jeunesse (OFAJ et OFQJ).
Quant au CIDJ, le directeur de cabinet souhaite distinguer deux aspects :
- La nécessité de mettre en place un véritable CRIJ en Ile de France dans de nouveaux locaux puisque la mairie de Paris ne semble pas vouloir renouveler le bail actuel.
- La fabrication de documents et l’animation de réseau qui seraient compatibles avec les nouvelles missions de l’INJEP.
Les pronostics pour la date de l’annonce du futur service public d’orientation.
Sur le forum « où vont les cops », les conseillers d'orientation psychologues pensent quant à eux que la conférence "Career Transitions and Lifelong Guidance: Building a European Response" des 17 et 18 septembre prochain pourrait être choisie « pour circonstance d'annonce "choc" (ou pas ?) sur le devenir de notre service public d'orientation ». Si Xavier Darcos ne fait pas son annonce comme prévu avant le 10 juillet prochain, on peut en effet imaginer que les dates du 17 et 18 septembre puissent être choisies car le gouvernement ne peut indéfiniment reculer.
Décidément, la réforme est en marche. Mais pour quoi faire ?

Commentaires
Décidément, la réforme est en marche. Mais pour quoi faire ?
Bonne question.
En attendant la réponse, j'ai plutôt le sentiment qu'il y a des confusions notables entre les différentes structures, les différentes missions et les différents réseau...
Je suis persuadé que les passerelles existent au niveau des territoires, et qu'un travail efficace est un travail coordonné entre les acteurs. Et après tout un bon projet se construit avant tout dans le respect des spécificités de chacun !
Un Conseiller dOrientation ne fait pas le même travail qu'un Conseiller de Mission Locale ou encore qu'un Informateur Jeunesse.
Le brassage au niveau national de ces concepts, de ces métiers et des objectifs que nous nous assignons ensemble sur les territoires est surtout - à mon avis - une forme de négation de nos pratiques, et - pour être plus mesurée - une méconnaissance certaine du terrain.
- Restructurer pour économiser,
- Fondre les entités pour mieux faire passer un amaigrissement du financement Régalien (notamment pour l'Education Nationale)
A vrai dire le sens est peut être ici... Mais cette réponse au "pour quoi" ne vous suffit peut être pas...
Sans doute préférez vous donner du sens à nos métiers, sans doute portez vous à l'éducation, à l'information, à l'orientation... des valeurs différentes... ?
Pour ma part je maintien que nous sommes dans des approches stratégiques... C'est le fond qui me gène et pas forçément la forme....
Parcequ'il faut bien reconnaître, pour part, que les territoires ou nous travaillons "bien" et en tout cas au meilleur de nous mêmes pour nos publics sont les territoires ou nous travaillons en partenariat !
Je reste inquiet pour le "parent pauvre" du secteur, l'information jeunesse qui ne dispose pas de réprésentants similaires au réseau des Missions locales ou d'une entité nationale permettant un militantisme fort, notamment au niveau syndical ! Et pourtant, il reste de par sa nature de ses financements, un rempart fort intéressant pour continuer à agir sur le terrain là ou les autres sont souvent plus contraints.
On verra bien !
Comment s'étonner que ceux qui décident actuellement ne connaissent pas le terrain ? La plupart de ceux-là ont une vision des choses totalement abstraite. Les professionnels ne sont pas écoutés et nos fonctionnaires théorisent.
Pour ce qui est du Réseau information jeunesse, "parent pauvre", je partage aussi pleinement votre sentiment. Cela est dû à un manque d'homogénéité dans les objectifs même si "l'esprit" est identique.
Le réseau IJ tente de se doter d'une fédération actuellement mais il faudra que chacun abandonne une once de pouvoir pour qu'une représentation nationale devienne possible. Nous verrons bien, en effet !