Tous secteurs confondus, le nombre d’actifs en poste, d’un niveau supérieur à la licence, a progressé en moyenne de 5,2 % par an tandis que le nombre de cadres et de professions libérales n’augmentait que de 3,2 %. Le nombre de non-diplômés a reculé de 1,6 % par an alors que le nombre d’employés et d’ouvriers non qualifiés a augmenté de 2,1 % en moyenne.

De ce fait, les mêmes emplois, d’une génération à l’autre ne sont pas pourvus au même niveau de diplôme.

Dans l’industrie, de 1994 à 2006, les sans diplômes sont passés de 38 à 28 %. Dans la construction ils sont passés de 44 à 36 %. Dans les services, on constate la même diminution (de 35 à 27 %).

Chez les 50 ans et plus, 33 % des cadres de l’industrie et 48 % dans les services ont un niveau supérieur à la licence. Chez les moins de 30 ans, on compte 80 % de diplômés supérieur à la licence dans l’industrie et 71 % dans les services.

D’après le Céreq, « l’exigence accrue du baccalauréat pour accéder à un emploi d’ouvrier qualifié dans l’industrie se justifierait, selon les organisations professionnelles du secteur, par la nécessité pour les jeunes de maîtriser les savoirs fondamentaux, mais aussi de détenir un minimum de compétences relationnelles et comportementales, quand bien même un CAP suffirait à la maîtrise des savoirs techniques requis. »

Le Céreq conclut par une note d’optimisme : « Le retournement démographique devrait toutefois modifier la donne. A l’horizon 2010-2015, la stabilisation, puis la diminution de la population active devraient se traduire par le passage d’une situation d’abondance… à une situation d’équilibre, voire de pénurie. »

Cette affirmation me semble absolument gratuite, eu égard aux nombreux éléments qu’il faut prendre en compte. On peut donc légitimement s’inquiéter pour ces cohortes de jeunes peu ou pas diplômés qu’on insère à coup de stages qualifiants.