La directrice du CIDFF de l'Essonne La série d’interviews des professionnels des réseaux de l’accueil, de l’information et de l’orientation (AIO) débute aujourd’hui. L’objectif est de présenter des initiatives ou des expériences intéressantes menées sur tout le territoire. Elles ne sont pas forcément uniques mais significatives du dynamisme des réseaux. Cette semaine, Anne-Marie Brémard, directrice du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles de l’Essonne (CIDFF91) présente le service d’aide à la création d’entreprises qu’elle a mis en place.

Christian Bensi : Pouvez-vous dire ce qu’est le SACE et à qui il s’adresse ?

Anne-Marie Brémard : Le SACE, c’est le service d’accompagnement à la création d’entreprise. On en trouve quatre en Ile-de-France : en Seine-et-Marne, dans les Yvelines, en Essonne et dans le Val-de-Marne. L’expérience en Essonne a démarré en 2003 de manière informelle et sans communication. Nous avons répondu à une forte demande. Depuis 2004, l’action est cofinancée par le Fonds social européen (FSE).

CB : Pourquoi avoir créé un service qui s’adresse spécialement aux femmes et quel est l’intérêt pour elles de s’y adresser ?

AMB : Au CIDFF, nous avons une spécificité « femmes » qui est reconnue. On n’accompagne pas des femmes sur un projet professionnel comme on accompagne des hommes. Les femmes se préoccupent surtout de bien définir leur projet et d’étudier avec précision son intérêt. Elles tiennent également compte de leur propre environnement familial et économique. Les hommes, au contraire, s’attacheront principalement au budget. Un gros risque financier les inquiétera moins que les femmes.

Cependant, notre savoir-faire en direction des femmes ne nous a pas empêché de conventionner avec l’ANPE qui nous envoie indifféremment des hommes et des femmes pour des évaluations préalables à la création ou reprise d’entreprise (EPCRE).

CB : Comment cela se déroule-t-il ?

AMB : Tout commence par une information collective (une par mois). Cela présente un triple avantage : gain de temps pour le CIDFF et donc plus de disponibilité lorsqu’il s’agit de faire ensuite un travail individuel. On a constaté par ailleurs que cette première réunion créait une véritable dynamique. Des questions posées, des conseils, des contacts s’échangent.

Après cela, un travail individuel peut commencer : étude de marché, enquêtes sur le terrain. On les aide à définir avec précision leur projet, à trouver un local, à rechercher des financements… Nous les guidons durant toutes les phases de création et nous assurons même un suivi après, si la personne le souhaite.

CB : Quels sont les points forts du SACE ?

AMB : J’en vois quatre :

  • Au CIDFF, les créatrices bénéficient d’un service d’information juridique, puisque c’est une grande part de notre activité. Il y a 8 juristes au CIDFF de l’Essonne.
  • Si la personne renonce à son projet, nous pourrons la prendre en charge au sein du Bureau d’accompagnement individualisé vers l’emploi (BAIE) qui est spécialisé pour les femmes. Cet autre service du CIDFF l’aidera à retrouver un emploi salarié. Grâce à cela, la personne qui a abandonné son projet de création, ne reste pas sur un sentiment d’échec.
  • On accueille tous les niveaux de qualification, du plus bas au plus haut.
  • Nous disposons d’un partenariat fort avec l’association du droit à l’initiative économique (ADIE), le réseau Créer et Essonne active.

CB : Et les points faibles ?

AMB : A n’en pas douter le principal problème est celui du financement. Nous avons sollicité d’autres partenaires mais en pure perte jusqu’à ce jour.

Le SACE à Evry en chiffres

La directrice travaille à mi-temps sur ce projet ainsi qu’une conseillère à 30 %. Il est co-financé par le Fonds social Européen et le droit des femmes. Il bénéficie des financements de l’ANPE pour les EPCRE. 124 femmes ont fréquenté ce service en 2007. 5 avaient moins de 26 ans, 70 entre 25 et 45 ans, 49 plus de 45 ans.

CIDFF Essonne : 01 60 79 42 26, mail : cidf91@wanadoo.fr