Le Réseau Insertion Jeunes est né
Par Christian BENSI le dimanche 21 septembre 2008, 22:51 - Actualité - Lien permanent
Cette association a été déclarée au Journal Officiel le 21 juin 2008 mais sa présentation officielle a eu lieu le 11 septembre dernier. Quatre associations se sont constituées en fédération : le « Réseau Insertion Jeunes. Fédération des associations nationales pour l’insertion des jeunes », le RIJ. Ces associations sont l’Union nationale des Missions locales (UNML), l’Association nationale des directeurs et directrices de Missions locales et PAIO (ANDML), l’Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés (AFIJ), l’Union nationale des comités locaux pour le logement autonome des jeunes (UNCCLAJ). En fait cette fédération concerne trois structures, les deux premières associations citées représentant les mêmes structures (missions locales et PAIO).
Le RIJ a implanté son siège social à Toulouse à la même adresse que l’UNML. Cette fédération a pour objet de fédérer ses membres pour renforcer et amplifier leurs actions, en favorisant les échanges et l’élaboration d’actions concertées, de représenter ses membres auprès des pouvoirs publics, de promouvoir l’expertise acquise en matière d’insertion et l’approche globale des problématiques des jeunes, par sa fonction d’observatoire actif de la jeunesse.
Le RIJ appelle dès sa création à un large regroupement des organismes qui contribuent à l’insertion sous sa bannière. Il est impossible de ne pas faire le parallèle entre cette création et la très prochaine mise en place de l’opérateur unique (ANPE et Assedic). Les difficultés actuelles (principalement financières) que rencontrent les Missions locales ne sont sans doute pas étrangères, non plus, à cette création.
Le document « constats partagés » des membres du Réseau Insertion Jeunes de septembre 2008 insiste sur les faits suivants :
- malgré la baisse du chômage, l’insertion professionnelle des jeunes demeure pour beaucoup d’entre eux hypothétique ;
- l’accès des jeunes au logement est une étape indispensable du parcours d’insertion ;
- un million de jeunes ne sont pas repérés par le Service public de l’emploi ;
- les associations qui composent le RIJ demandent des conventions pluriannuelles d’objectifs ;
- les professionnels du réseau Insertion Jeunes accompagnent plus d’un million de jeunes et les membres du RIJ affirment que la majorité de ces jeunes ne sont connus que de leur seul réseau.
Il reste cependant une zone d’ombre dans la définition des missions du RIJ. Si la problématique des CLAJ est aisément définissable (trouver des logements à ceux qui en cherchent), quelle est la mission exacte des missions locales ?
Les missions locales ou les PAIO s’adressent-t-elles à TOUS les jeunes (scolaires et non scolaires ; bas niveaux et hauts niveaux de qualification), considérant que tous ont des difficultés d’insertion ou seulement à ceux qui sont le plus éloignés de l’emploi ? Doit-on considérer qu’un centre d’information et d’orientation, qu’un centre d’information sur les droits des femmes et des familles, qu’une structure information jeunesse, pour ne citer que ceux-là, sont des structures d’insertion ?
A force de ne pas répondre à cette question pourtant essentielle, le malaise s’installe.

Commentaires
Bonjour
Vous trouverez une réponse à cette contribution sur mon site.
Bien cordialement
Philippe Labbé
Bonjour,
Vous trouverez également ma réponse sous forme de billet sur mon site.
Bien cordialement.
Bonjour,
j'ai relayé cette importante information sur OVLC...
Il est grand temps en effet, Christian, d'en parler avant que les jeunes soient laissés tout bonnement et uniquement à leur responsabilité quant à leur éventuelle désinsertion s'ils s'obstinent dans l'erreur-l'errance ?!
Mais ne tombons pas non plus à bras raccourcis sur le réseau des ML qui font aussi pour la plupart d'entre elles "autre chose" que de l'insertion par l'économique...Ceci étant dit, les ML sous financées de façon chronique, seront peut-être amenées là, à travers ce RIJ, à manger la carotte par les 2 bouts pour ne pas licencier ceux qui se préoccupent plus globalement du jeune, de sa santé, de son insertion sociale... ceux qui aussi sont le moins "instrumentalisés par un rendement" façon ANPE...ceux qui donc sont perçus comme les moins "immédiatement efficaces" dans leur logiciel "Parcours 3" qui comptabilise les CIVIS et les contrats d'autonomie...qui ne sont pas encore sous traités par le privé...
><http://ou-vont-les-cops.org/phorum/...
J'avais vu ton papier sur le forum.
Loin de moi l'envie de mésestimer la mission essentielle des ML envers les jeunes les plus en difficultés. Ils sont incontournables sur cette question.
Mais il faut que l'on définisse la mission fondamentale de chacun. Sinon il y aura immanquablement des superpositions.
Le réseau Information Jeunesse ne fait pas du "conseil en orientation", les missions locales ne sont pas le coordonnateur des structures s'adressant à TOUS les jeunes même quand ceux-ci ont terminé avec succès leur formation pour accéder à la vie active.
Nous sommes bien sûr d'accord et nous attendons en fait ici une réponse de notre sociologue (de son état), Philippe Labbé, qui est invité -me semble-t-il- dans plusieurs ML... à réfléchir sur leur ad-venir ...
Aussi reprendre le flambeau du vénérable Bertrand Schwartz <http://innovationinsertion.hautetfo... lui semble opportun et salutaire ...et il doit sans doute attendre des réactions de nos milieux professionnels plutôt sur son blog qu'ici ?! Son post nous invitant à y aller le laisserait supposer !
Chacun en son âme et conscience doit savoir ce qu'il convient de faire.
Pour ma part, j'ai répondu et cela m'étonnerait que Philippe Labbé ne soit pas venu ici ou n'est pas lu ces lignes dans son agrégateur.
Bon ce qu'il convient en tout cas de dire...c'est qu'il y a peut être... et dès le début..."Malaise ?! (quand aussi on commence son post ainsi...)
Bon, tant pis, il faudra un peu att..."
Désolé mais on se sent tout contrit... excusez-moi-de-vous-déranger-dans-votre-discours-policé... très à la mode aujourd'hui (!) et qui nie tout autre point de vue qui viendrait rappeler que ce n'est pas si simple-iste !!!
Mais voilà il y a des blogs où on a envie de s'exprimer et des blogs qui connaissent disons "des problèmes de paramétrages"...
Bonjour
Je ne sais pas si mon « état » est celui de sociologue. C’est tout juste une compétence, peut-être pas encore, après 30 ans d’exercice, un métier. A vrai dire, « piou-piou » me conviendrait mieux… c’est ainsi qu’affectueusement j’identifie celles et ceux que, quotidiennement, je côtoie – avec beaucoup de bonheur – dans les associations, structures et services multiples, tous intéressés par « les jeunes ».
Quoique me faisant l’écho d’une seule sous-perspective dans l’immense dimension qu’est le social, je ne suis ni ne souhaite être le « chevalier blanc » des missions locales. Ici et là, avec les foyers de jeunes travailleurs ou les centres sociaux… les CIO aussi qu’il m’arrive d’avoir représentés en de multiples circonstances, je ressens grosso modo la même empathie. Elle est fondée sur une conception de faire évoluer la société, l’éducation populaire. Celle-ci, explicite ou implicite, me paraît être une bonne matrice, un bon dénominateur commun.
Il se trouve, effectivement, que je connais bien les missions locales (près de la moitié, soit environ 200, physiquement : j’y ai mis les pieds). Et Bertrand Schwartz qui m’a fait l’honneur d’un prologue sur mon premier livre. Et leurs instances multiples : ANDML, UNML, CNML, syndicats… Elles se débattent, bien sûr plus ou moins selon les sites, selon les présidences et les directions… et l’on peut trouver le pire. Je l’ai rencontré.
Mon jugement sur le RIJ, expliqué sur mon blog, est l’hypothèse fondatrice de la complexité : relier. A presque 56 ans, après une vie d’engagements multiples et pour certains très radicaux (qui auraient dû m’épargner le médiocre soupçon d’une quête de « grande mission nationale), je ne me fais guère d’illusion sur les suites – inévitables – d’une telle reliance : jeux de pouvoir, vanités, etc. Pour autant, ma position de « penseur » (vraiment modeste) et d’acteur, qui ne dissimule pas dans un langage soft une radicalité à la hauteur de l’injustice subie par beaucoup dont la jeunesse (figurez-vous que, comme certainement plusieurs d’entre vous, j’ai une fille de 24 ans stagiaire avec un master 2 de sociologie mention « bien »), m’incite à parier… parce qu’il n’y a rien d’autre à faire. Pascalien ? sans doute.
Christian BENSI écrit « Il faut que l'on définisse la mission fondamentale de chacun » et « Le réseau Information Jeunesse ne fait pas du "conseil en orientation ». Il a raison… d’autant plus que l’orientation demeure un point assez aveugle dans les missions locales (au point que certaines régions avaient rayé le « O » de orientation de ce qui était attendu des missions locales, lors de l’Acte 2 de la décentralisation alors que l’État s’apprêtait à se désengager). Reste que, afin que nul ne soit grugé, il importe de s’accorder sur cette définition… sauf de quoi nous irons en ordre dispersé face à un système, lui parfaitement organisé.
Je reste somme toute naïf, considérant que le pire serait d’être cynique. Je vous invite donc à, plus que regarder, envisager les conditions de votre adhésion à ce RIJ. Avec une posture que vous avez certainement face à chaque jeune : regarder ses chances de réussite plutôt que ses difficultés. Je procède de la même façon : corriger des copies, c’est mieux de regarder celles qui n’ont pas de fautes que l’inverse. Déjà en termes de confort personnel, c’est un gain. Bien sûr, je peux vous aider – « intermédiation » dit-on – pour avancer sur cette hypothèse.
Bien à vous.
Philippe Labbé
A moi de reprendre vos propos : "il importe de s’accorder sur cette définition… sauf de quoi nous irons en ordre dispersé face à un système, lui parfaitement organisé."
Tout à fait en accord avec cela même si à certains moments nous ne partagerons pas la même position. Mais nous échangerons sur notre conception des choses et nous accorderons sur l'essentiel, tout "piou-piou" que nous sommes.