L’action en direction des jeunes dépasse le cadre de l’insertion
Par Christian BENSI le mardi 23 septembre 2008, 00:03 - Apports et réflexions - Lien permanent
Le billet très détaillé « Quel est le public d’une mission locale ? » publié sur le blog de Philippe Labbe, répond aux questions posées par mon dernier billet. Je vais résumer ce que j’en ai compris (en rouge mes commentaires, en noir des extraits du billet de Philippe Labbe).
« En 1982, à leur création, les missions locales s’adressaient quasi-exclusivement aux 200 000 jeunes sortant chaque année de formation initiale sans diplôme ni qualification ».
C’est en effet le souvenir que j’en ai et j’ai toujours conçu les missions locales comme un dispositif proposant un accompagnement attentif et long à des publics en difficulté importante d’insertion.
« D’une part, l’insertion s’est allongée et, même si les catégories administratives confirment l’habituelle lenteur du métabolisme institutionnel en continuant d’arrêter la jeunesse à « 25 ans révolus », on sait que la réalité sociologique fixe plutôt cette borne à 30 ans, voire 32 ans. D’où l’enjeu d’élargir le spectre générationnel. »
En effet, mais je crois surtout qu’aujourd’hui toutes les tranches d’âge sont concernées et que cela sera de plus en plus difficile de poser des « bornes ».
« Enfin, l’insertion s’est généralisée jusqu’à concerner la quasi-totalité des jeunes, héritiers exceptés… Le public n’est discriminé que sur une base du niveau de formation, Vbis et VI, qui nécessite un accompagnement renforcé mais, pour les jeunes mieux formés, le droit à l’accompagnement est toujours valide… »
Selon Philippe Labbe, les missions locales s’adressent donc à tous les jeunes puisque tous ont besoin d’un accompagnement pour s’insérer.
« Les structures citées - CIO, CIDF, PIJ ou BIJ - auxquelles pourraient être ajoutées d'autres, dont évidemment celles de l'insertion par l'activité économique (PLIE, EI, AI, CI...) mais également l'Education nationale (MGI) participent peu ou prou à l'accompagnement des parcours d'insertion. Toutefois, dès lors qu'il s'agit de jeunes, la responsabilité du parcours, singulièrement par l'existence d'un « référent » unique, est confiée à la mission locale qui doit animer à l'échelle territoriale « une politique concertée d'insertion professionnelle et sociale des jeunes » (Protocole 2005). »
Si je résume le billet de Philippe Labbe : les missions locales et les PAIO sont chargés de l’insertion de tous les jeunes car tous les jeunes rencontrent des difficultés d’insertion ; d’autres organismes participent à ce programme d’insertion mais les missions locales sont chargées de coordonner ces structures dès lors qu'il s'agit de jeunes ayant quitté le système scolaire.
Je ne suis cependant pas certain que les définitions soient aussi simples. Les CIO, les CIDF et le réseau information jeunesse jouent en effet un rôle dans les parcours d’insertion. Mais leurs missions respectives excèdent largement l’insertion. La réaction de Philippe Labbe permet de nourrir le débat. Je serais heureux qu’il se poursuive avec tous les acteurs de terrain, lecteurs de ce blog.

Commentaires
Syndrome du coucou ?!
Je rajoute seulement en noir (alors que cela mériterait du...?) et entre guillemets des propos de Philippe Labbé :"S’il existe une ambiguïté, voire un malaise, celle-ci trouve son origine dans la multiplication de structures autocentrées qui, classiquement, cherchent à élargir leur champ de compétences pour solidifier leur légitimité. D’autant plus que, comme on le sait, certaines d’entre elles n’hésitent pas à s’engouffrer dans les zones d’incertitude et à valoriser à leur bénéfice les productions des autres. Syndrome du coucou."
Je me demande en fait qui se retrouve réellement à faire le "coucou" à travers cette observation à mon goût plutôt pédantesque...Ne serait-ce pas celle d'une personne -certes instruite- mais qui se chercherait désespérément une grande mission de service public en jachère ?!
Je ne PIJ pas autrement...
Ton intervention est pleine d'humour. Pour éviter toute polémique, je n'ai effectivement pas souhaiter commenter cette partie que je trouve totalement inacceptable.
Quand au je ne "PIJ" pas "autrement", je te trouve très mais alors très en forme aujourd'hui.
Ce "coucou" aurait sans doute - pour preuve les incompréhensions - mérité d'être moins plurivoque. Pan sur le bec ! Il ne visait spécifiquement qu'une catégorie de "structure", mise en place par le plan de cohésion sociale, et sur laquelle beaucoup de terrains s'interrogent quant à ses réelles valeurs ajoutées. C'est assez limpide, je pense : un "axe 1" fait par les observatoires des collectivités; un "axe 2" fait par les structures d'insertion; un "axe 3" fait par le consulaire, l'ADIE et les Boutiques de Gestion. S'il restait un zest d'incompréhension, disons que j'ai contribué à la seconde partie du "Rapport Anciaux".
Quant à une possible recherche désespérée de grande mission de service public… à quelques années - peu - de la retraite, non.
Cordialement.
Je crois en effet que la précision était, ce coup-là, totalement indispensable. Merci.
Quant à la recherche désespérée de grande mission de service public… je crois que je militerais pour... pendant quelques années encore APRES la retraite.
Cordialement.
je connais bien ça le problème posé par le "plurivoque"...Dans le champ de l'orientation, c'est d'un commun...maintenant, faire allusion à des "structures" nouvelles telles les maisons de l'emploi (je me trompe?) qui viendraient à récupérer les productions d'autres structures qui n'ont plus rien à prouver telles les missions locales, je comprends mieux moi aussi l'idée d'une époque victime du "syndrome du coucou"...dont acte.